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L’envol de Daniel Sciora

L’ENVOL

_MG_5622Trois tonnes d’acier, 24 tonnes de ciment noyées dans le sol pour 30 m² de prise au vent, l’ENVOL a mis la technique au service de l’art. De la conception initiale au montage final, le cheminement ne cesse pas d’étonner.
L’idée s’est d’abord exprimée à travers un simple croquis transformé en dessin pour en traduire les proportions et la vision esthétique à l’échelle humaine. Des maquettes en volume sont venues matérialiser dans l’espace les trois dimensions du projet.
Le parrainage de la SORENAM commandait le choix du matériau. L’utilisateur de l’acier constitué une gageure vite dépassée par les ingénieurs pour aboutir, au prix d’une réflexion commune de l’artiste et des hommes de l’art, à l’élaboration de deux plaques jumelles pour assurer à la fois souplesse et rigidité à l’ensemble. Il fallait encore dessiner le gabarit sur un fort papier épais puis le découper avec la plus grande précision.
L’œil électronique allait reproduire sur l’acier sous le feu du chalumeau le moindre frémissement de la main du peintre sculpteur. Le montage industriel était alors possible sur un tronc de métal pivotant sur un énorme roulement à billes. Après le sablage pour éviter la rouille et la peinture à l’acrylique, il ne restait plus au printemps qu’à appliquer le vernis sur d’ultimes retouches.

Après New York, Paris, Tokyo, Singapour et Düsseldorf, Daniel SCIORA a réservé sa dernière création à Moult. L’ENVOL, fièrement campé à l’entrée de la commune, découpe ses 3 tonnes d’acier au gré des vents. Sculpture de peintre, l’Envol est la première œuvre d’une telle dimension élaborée par SCIORA, et aussi sa première commande publique. Maître de la toile, il a déjà réalisé d’autres travaux pour des sociétés privées mais sans jamais atteindre ces proportions.

L’idée de l’ENVOL a germé quinze ans plus tôt mais elle ne serait peut-être jamais sortie des cartons de l’artiste si elle n’avait rencontré l’enthousiasme d’Alain Tourret et la générosité du Capitaine Hay soucieux de voir consacrer à une œuvre monumentale une partie de son legs à la commune. Cette double volonté a donné vie au mobile imaginé par SCIORA.
A l’inverse des œuvres de Calder ou la tradition chinoise qui partent du ciel pour se pencher vers la terre, l’Envol s’ancre dans le terroir pour s’élancer dans les nuages.
Tout le traitement de la surface peinte traduit cette idée. SCIORA voulait retrouver la chaleur des bruns fauves de la terre normande se détachant sur les ciels changeants de la plaine. La couleur coque de cargo meurtrie par l’Océan, anticipe sur la patine du temps. SCIORA a voulu intégrer son œuvre à l’espace et au lieu et laisser le vent, le soleil et la pluie parfaire son travail et ajouter leur trace. L’Envol marque une étape significative de l’évolution de l’artiste. Hyperréaliste dans ses premières années, Venise, le miroitement de ses canaux et le délitement de ses décors l’ont fait évoluer vers le non figuratif, l’abstraction contemporaine qui laisse sa part de création et de rêve à l’observateur. « La beauté et dans l’œil de celui qui regarde…  » a aimé rappeler SCIORA et les découpages en ombres chinoises offertes au regard, suivant les vents dominants, laissent libre cours à l’imagination des passants.

Cette oeuvre a pu être réalisée grâce au legs consenti par le Capitaine HAY à la commune de Moult avec la participation et le concours de SORENAM, CMEG, SAVARE, TOFFOLUTTI, DAUPHIN-SEBOR, MANCHE CALVADOS PAYSAGE, DENIS LOUIS, DDE, FONDS REGIONAL D’ART COTEMPORAIN.
Extrait du bulletin Municipal 1994 – Xavier PICHON(Maire-adjoint )