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Jules-Louis Rame

oeuvre_JLRameMoult a donné le nom du peintre normand Jules-Louis Rame à la voie principale de son nouveau quartier du Val d’Ingouville. A la fin de l’année 1998, une plaque commémorative a été dévoilée en présence de la petite fille et de l’arrière-petit-fils du peintre.Jules-Louis Rame a peint au cours de sa vie plus de trois cents toiles dispersées dans le monde entier. Plusieurs ont été détruites en 1944 mais les principaux musées normands présentent, aujourd’hui, dans leur collection, des œuvres du peintre normand avec, à Bayeux, la plus riche exposition permanente.

Né à quelques kilomètres de Moult, à Ouezy, Jules-Louis Rame découvre la peinture, à 16 ans, dans sa Normandie natale, au cours d’une longue convalescence. Initié par le cousin d’Hector Berlioz, le célèbre compositeur, il apprend les rudiments de son art auprès du conservateur du musée de Caen. Mais l’essentiel de sa formation vient du contact constant avec la nature et la multiplication des esquisses.

L’impressionnisme :

Peintre de son époque, Jules-Louis Rame se consacre à « l’art vivant » tel que le définissait Courbet. Loin de l’académisme triomphant et de sa peinture d’atelier consacrée aux sujets classiques et aux thèmes antiques, il préfère la campagne, sa bergerie, l’eau chatoyante de la Muance et les reflets changeants du ciel normand. Naturellement il subit l’influence des maîtres de l’impressionnisme : Monet, Sisley, Pissaro, Cézanne. Comme eux, il admire l’école anglaise avec Turner. Il séjourne quelque temps en Grande-Bretagne à l’invitation d’un administrateur anglais, Sir Ingram, mais il rejoindra rapidement sa Normandie.
Loin des écoles parisiennes, il trace son chemin. Il ne suit pas Seurat dans son pointillisme néo-impressionniste. Il veut exprimer, à travers ses toiles, ses « impressions » sans s’enfermer dans un travail conventionnel mais il reste trop ancré dans sa terre pour songer à s’abstraire de la réalité ambiante : il veut traduire avec humilité sa vision de la nature.
Le peintre de la lumière normande :

A partir de ses premières ébauches enfermées dans le sombre classicisme de sa formation, son œuvre apparaît comme une recherche constante de la lumière.
Ciels de pluie, ciels d’orage, ciels radieux, ciels crépusculaires, Jules-Louis Rame excelle dans la traduction des ciels normands. A l’égal de Boudin pour les bords de mer, il sait mieux que tout autre interpréter les variations du soleil sur les terres normandes. L’air vibre dans ses toiles, les nuages s’amoncellent ou s’effilochent suivant les saisons. Les arbres ploient sous les vents d’ouest ou frissonnent au printemps. La neige obscurcit le lointain, plombe la petite église. Le soleil inonde la plaine au printemps.
Zébrures à travers les chênes, éclairs roses sur les blés, dorée à l’aurore, violette à la tombée du jour, laiteuse dans la brume, la lumière explose sur la toile.
Tout l’art de Jules-Louis Rame apparaît dans ses esquisses ou « pochades » qui constituent peut-être l’essentiel de son œuvre. Classés dans les rainures d’une armoire encore présente dans sa maison d’Ouezy, des centaines de petits panneaux de bois forment une bibliothèque d’une incroyable diversité et d’une surprenante richesse. Véritables notes de peintre, d’un journal intime dessinées sur plus de cinquante années d’observations, ces études ont servi à l’élaboration des tableaux les plus achevés mais sont en elles-mêmes de véritables chefs d’œuvre. La famille du peintre a décidé de faire don d’une de ces esquisses à la commune de Moult.

Madame HOUDRY, petite-fille de Jules-Louis Rame, et son mari, généreux bienfaiteurs de la commune, ont fait don, en 2002, à Moult d’une nouvelle œuvre du Maître normand. Le tableau, malgré sa beauté, avait souffert de l’écoulement des années.

Le vieillissement des couches de vernis successives avait obscurci les perspectives et il fallait déplorer un léger accident dans la toile. Mais l’outrage des ans n’était pas irréparable, les experts de l’atelier de restauration du Conseil Régional ont fait des merveilles. Désormais le petit chemin a retrouvé sa lumière irisée et ses lueurs violettes. Chacun peut admirer cette récente acquisition dans la salle du secrétariat soigneusement protégée par le nouveau système d’alarme.
Extrait du bulletin Municipal 1998/2000-Xavier PICHON(Maire-adjoint)