Le château de Beneauville

Le château de Béneauville

Le château il y a 70 ans

Aujourd’hui, le château de Béneauville est le seul témoin de cette époque où les seigneurs dominaient les villages. Son architecture, mélange de style renaissance et classique, en fait un des joyaux de la commune.

Au milieu du XVIème siècle, Charles Le Bourgeois, avocat à Caen, seigneur de Béneauville, épouse Marie de Vimont dont le père est lieutenant général de la vicomté de Caen. Charles reprend l’office de son beau-père, charge très importante et vraisemblablement lucrative car elle lui permet au début du XVIIème s de construire l’actuel château, jamais remanié depuis.

Epi

Le plan de cette demeure a la forme d’un T. Les toitures et leurs épis de faîtage en plomb sont classés à l’inventaire des monuments historiques. Les épis sont destinés à consolider, par leur poids, l’arrête faîtière et à annoncer visuellement la demeure seigneuriale. Ils ont la forme de vases aux anses frêles, empanachés de délicats bouquets. En réalité, ils sont très grands puisqu’ils mesurent presque deux mètres de haut.

entree

Les deux toitures très élevées et ostentatoires, à pans coupés sont de style Henri IV cependant la demeure est déjà très proche du style Louis XIII, qui commence à se dessiner vers 1600, et annonce le classicisme. Il est caractérisé par les fenêtres surmontées de frontons courbes ainsi que par les hautes cheminées sculptées. L’ensemble est construit sans souci de symétrie mais présente cependant une certaine unité due à ses façades enduites avec chaînages horizontaux. La verticalité est donnée par la superposition des fenêtres. L’originalité de cette partie lui vient de la succession des lucarnes et des pignons qui surmontent les hautes fenêtres de l’étage en échancrant la base de la toiture.

chapiteau
batiment annexe

Dès le XVIIème siècle, le château et la ferme attenante existent ensemble.

Les deux côtés de la cour intérieure sont limités par des dépendances. Il s’agit de bâtiments bas couverts de vieilles tuiles et agrémentés de jolies petites lucarnes de pierre. A l’est et au nord du château s’étend un vaste parc peuplé d’arbres séculaires.

paon
vue parc

Sous l’Ancien Régime, posséder un colombier à pied est un droit seigneurial et l’importance du seigneur dépend de la taille de celui-ci. Le seigneur, sa famille et ses gens d’armes apprécient la chair fraîche et tendre des pigeonneaux à une époque où on consomme beaucoup de viande salée ou fumée. Son exposition idéale est au levant, à l’abri des vents dominants et la forme ronde permet l’utilisation d’une échelle mobile permettant d’accéder aux œufs ou aux pigeonneaux.

Seuls les murs, malheureusement décoiffés subsistent. Il compte plus de mille boulins : trous où pondent les pigeons. Malheureusement, il est découvert durant la guerre de 1914-1918 pour employer les tuiles sur la toiture de la ferme voisine. Le sommet était coiffé d’un épi orné d’un pigeon reposé depuis à l’extrémité du pavillon principal du château.

pigeonnier

vue aerienne chateau