Accueil

Retrouvez nous sur facebook
 
 

Le Mot du Maire

edito 2
 
 
2018 restera dans nos mémoires comme l’année des gilets jaunes, bien que le mouvement ait émergé mi novembre il a occulté tout ce qui a précédé tant il nous a frappés, interrogés et tant il a conduit chacun de nous à se questionner. 

Ce mouvement a d’abord concerné une fraction de notre société, celle des travailleurs pauvres ou des travailleurs qui ont peur de le devenir et celle des retraités aux petites et insuffisantes retraites. Il s’est agi à la fois d’une crise existentielle due à un sentiment d’oubli et de non reconnaissance de ces concitoyens qui se considèrent comme laissés à la traîne d’une économie toujours plus exigeante, toujours plus dévoreuse comme jamais assouvie qui entraîne vers une impression de paupérisation due au fait que pour beaucoup les revenus apparaissent de plus en plus incapables de faire face non pas seulement aux besoins élémentaires de la vie courante mais aussi aux envies de consommation que crée sans cesse notre économie consumériste. Ce mouvement très spontané qui est né du simple refus de l’augmentation d’une taxe sur le carburant s’est très vite élargi à d’autres revendications fiscales et salariales, il a touché d’autres couches de la société créant une forme de sympathie chez les français qui aujourd’hui encore continuent majoritairement de soutenir le mouvement. Mais, par malheur, les manifestations dans Paris et de nombreuses villes de province ont été d’emblée entachées par d’intolérables violences dues à des casseurs extrêmes ou absolument asociaux et pendant plusieurs semaines l’intéressant contenu social du mouvement est passé au second plan derrière des rendez vous de guérilla urbaine où ne comptaient plus que des rapports de force. Le Président de la République qui a toujours été placé en première ligne dans ce conflit a tardé à comprendre l’importance sociale et la profondeur de l’injustice exprimée par les gilets jaunes, au début il a cru que le fait de débloquer de manière charitable des crédits serait de nature à calmer l’agitation,
son gouvernement totalement absent du réel débat a tenté de faire diversion en ne parlant que de violence, en faisant mine de confondre et d’amalgamer des dizaines de milliers de citoyens revendicatifs avec quelques centaines de voyous que nos forces de l’ordre ne pouvaient bien contenir. Enfin en ce début 2019 le vent a tourné, le Président a changé de pied, il a quitté une attitude hautaine pour se rendre à l’évidence que la première demande des citoyens était un souhait de dialogue, de prise en considération de leur état et ceci l’a conduit a instaurer le grand débat national qui se déroule en ce moment et qui va permettre à chacun, gilet jaune ou pas, sympathisant ou adversaire d’exprimer son opinion,
ses demandes, ses espoirs, ses problèmes et ses possibles solutions. Voila un bel exercice démocratique dont il faudra tirer la substantifique moelle dans les mois qui viennent et maintenant espérer que le résultat de cette consultation apportera à nos dirigeants les clefs d’un mieux vivre ensemble. Chez nous à Moult-Chicheboville les gilets jaunes se sont exprimés en occupant le rond point de l’Envol,
il l’ont fait de manière non violente sans causer de forts désagréments aux usagers de la route,
ils ont été respectueux des installations et les élus et les forces de l’ordre se sont montrés bienveillants.
Il convient que cet état d’esprit perdure. 2019 se présente maintenant donc comme une année d’espoir qui devrait voir la mise en place de mesures capables de faire renaître la sérénité et la confiance vis à vis de nos dirigeants et de notre république démocratique. Cette année sera aussi Européenne, les élections de mai prochain seront très importantes pour l’avenir de l’Europe qui subit actuellement beaucoup de soubresauts, le brexit du Royaume Uni, le repli identitaire et nationaliste de l’Italie et d’autres pays d’Europe centrale etc… Il ne faudra pas écouter ceux qui veulent défaire l’Union, il est toujours et dans tous les domaines plus facile à certains de détruire ce qui a été patiemment construit en faisant croire qu’ensuite tout ira mieux que de continuer à travailler pour avancer dans la construction d’une Europe plus démocratique, plus sociale, plus solidaire. Je suis de ceux qui veulent la paix, la sérénité, le respect des différences, il nous faut continuer d’avancer selon les immuables principes de notre république dans la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité. Cette attitude conduira mon action dans les mois à venir qui verront Moult-Chicheboville continuer à progresser vers plus de modernité, de bien vivre et de justice sociale.

Le 20 janvier 2019

Un optimisme réaliste nous conduit.
Je compte sur chacun d’entre vous.

Sylvain Rault